Les attitudes à préconiser
Pendant les faits
Il arrive fréquemment que les personnes victimes d’infractions dans l’espace public aient pressenti que « quelque chose » était inhabituel ou inquiétant dans une situation. Certains comportements, attitudes ou intentions perçues comme insistant·e·x·s, intrusif·ve·x·s ou hostiles peuvent provoquer un sentiment de malaise ou d’insécurité, parfois avant même que l’on puisse clairement identifier ce qui nous dérange.
Il est donc important d’écouter ses ressentis et de se sentir légitime d’agir lorsqu’une situation nous met mal à l’aise. Cela ne signifie pas qu’il faille considérer toute personne qui nous dérange comme une menace, ni éviter systématiquement les interactions inconfortables. Il s’agit plutôt de s’autoriser à réagir lorsque le comportement d’une personne nous semble déplacé, insistant, intimidant ou potentiellement malveillant.
Dans les transports publics, par exemple, si une personne se rapproche de manière insistante, envahit notre espace, nous fixe ou adopte un comportement qui suscite un malaise, il est tout à fait légitime de changer de place ou de s’éloigner. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être certain·e·x des intentions de l’autre ou que la situation s’aggrave pour agir.
© Wanda Palm
En tant que victime
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Dire de manière claire et ferme au/à la harceleur.euse.x qu’on veut qu’iel arrête.
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Mémoriser les signes distinctifs de l’auteur.rice.x du harcèlement (piercings, tatouage, taille, couleur des cheveux, type de véhicule, lieu et heure des faits, etc.).
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Chercher de l’aide autour de soi : croiser le regard d’un.e témoin.x de manière insistante, verbaliser clairement à un.e.x témoin.x qu’on a besoin de son aide (si la situation le permet), téléphoner à un.e.x proche.x ou la police, etc.
En tant que témoin
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Il ne s’agit pas de se mettre en danger, mais bien de procéder à une désescalade et/ou ne pas laisser une victime seule face à son agresseur·euse·x.
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Observer l’agresseur·euse·x pour pouvoir en faire un signalement précis : vêtements, tatouage, piercing, cicatrice, etc. ainsi que son moyen de fuite (transport, véhicule). Il est aussi utile de la/le photographier si cela ne met pas la victime en danger.
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Établir un contact visuel avec la victime afin de lui montrer qu’on a remarqué les faits et qu’elle n’est pas seule.
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Recourir à une des actions de la méthode 5D : Distraire – Déléguer – Documenter – Dialoguer – Diriger. Pour en savoir plus sur cette méthode, vous pouvez vous rendre sur cette page.
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Si on se sent suffisamment en confiance et que cela ne nous met pas en danger, on peut prendre la défense de la victime et verbaliser à l’agresseur·euse·x en quoi la situation n’est pas acceptable et lui demander d’arrêter.
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N’hésitez pas à demander à d’autres témoins de vous accompagner et d’y aller en groupe.
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Si le harcèlement est persistant et/ou devient de plus en plus menaçant, il est préférable d’appeler la police.
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Lorsque la victime semble être hors de danger, lui demander quels sont ses besoins et envies et si on peut lui être utile en tant que témoin, notamment s’il y a un désir de porter plainte.
Attention
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Ne pas tendre de piège pour obtenir des preuves.
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Dans le cas d’un harcèlement de rue, filmer ou enregistrer la personne mise en cause peut poser problème sur le plan juridique, car l’enregistrement de l’image ou de la voix d’autrui sans son consentement peut être considéré comme une atteinte à la personnalité. De plus, une telle preuve peut être jugée irrecevable dans une procédure judiciaire, la personne filmée conservant des droits sur son image, même si elle est auteure présumée de l’agression.
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Ne pas surenchérir de manière pénalement répréhensible (par ex. injures ou menaces), car cela peut non seulement renforcer la cascade de l’agression, mais surtout, l’agresseur·euse·x peut tourner la situation à son avantage, notamment en portant plainte à son tour.
Après les faits
Signalements
- Que ce soit en tant que témoin ou victime, il est possible de signaler des faits de harcèlement sur l’application Eyes up ou via le formulaire de signalement proposé par la police de Lausanne.
- Si la situation de harcèlement correspond à une infraction (voir section “Porter plainte”), vous pouvez aller déposer une plainte auprès des services de police. Attention : les infractions poursuivies sur plainte, par exemple les injures et les menaces, ont un délai de seulement 3 mois, seules les infractions poursuivies d’office ont un délai plus long, ce qui est rarement le cas d’un harcèlement de rue.
Soutien
Il existe plusieurs organismes de soutien et d’information aux victimes :
Le centre LAVI
- Le centre LAVI est bien informé sur le sujet du harcèlement et il est possible de les contacter avant de porter plainte.
- Pour bénéficier de toutes les prestations de la LAVI, il faut être victime avérée dans le Code pénal (ex : les sifflements ne sont pas suffisants selon ce principe-là). Dans les cas considérés comme plus légers, le centre propose tout de même une écoute et une réorientation.
- Important : ne pas être considéré·e·x comme victime au sens LAVI ne veut pas dire qu’on n’en est pas une. Il faut comprendre qu’il s’agit d’un organisme qui fonctionne avec des contraintes administratives.
L’Unité Spéciale pour la prise en charge des victimes de la Police
- Cette nouvelle unité de la Police de Lausanne permet d’obtenir des informations et des conseils sur les thématiques des violences domestiques, du harcèlement ainsi que sur le processus de dépôt de plainte. Le recours à ce service n’engage pas obligatoirement à porter plainte (les infractions poursuivies d’office faisant exception).
- Les entretiens se déroulent avec un·e agent·e·x formé·e·x spécifiquement pour l’aide aux victimes. Ils ont lieu en dehors du poste de police, dans des locaux accueillants et dans une atmosphère plus sécurisante.
L’Unité de Médecine des Violences (UMV) : en cas d’atteinte physique
- l’UMV propose une consultation gratuite permettant une première écoute de l’agression et un constat visuel des blessures s’il y en a (avec éventuellement des photos). Celui-ci peut être très utile pour la procédure judiciaire.
- On peut tout à fait recourir à ce service avant ou après le dépôt de plainte à la police. Cela permet un premier récit dans une atmosphère plus sécurisante.
- Il est cependant vivement conseillé d’y aller au plus vite afin qu’un maximum de preuves puisse être identifié.
Le Pôle Agression Violence (PAV)
Une association de professionnel·le·x·s en santé et social qui propose des conseils et du soutien en cas de violence sexuelle. Elle est également spécialisée pour la population LGBTIQ+.
